Avertissement Concernant l’Utilisation de la SFX Seule dans l’Identification des Problèmes de Murs Secs

par Nick Gromicko et Dennis Rose
 
 Pistolet SFX
La spectrométrie de fluorescence X (SFX) est une méthode analytique fondée sur l’utilisation de la spectroscopie d’émission permettant d’identifier la présence d’éléments spécifiques dans la plupart des matériaux. Chaque élément a une signature d’émission unique, ce qui permet de quantifier la présence d’un élément en fonction de la force relative de l’émission. L’instrumentation a évolué au point de permettre l’utilisation d’un SFX à main sur le terrain pour les besoins d’essais à pied d’œuvre. Même si la fluorescence X est une méthode d’instrumentation très précise et fiable permettant une analyse quantitative des éléments chimiques, elle ne doit pas être utilisée comme identifiant unique des constructions à murs secs toxiques ou Chinoises. Afin d’identifier les problèmes de murs secs, la SFX est utilisée comme identifiant principal pour cibler l’élément alcalino-terreux, le strontium, dans les problèmes de construction à murs secs. Il ne fait aucun doute que la SFX déterminera le niveau exact de strontium dans la section de mur scannée. Cependant, certaines considérations chimiques doivent nous pousser à examiner de plus près l’utilisation de la teneur en strontium comme signal d’identification de problèmes de construction à murs secs.
 
Qu’est ce que le Strontium?
 

Le strontium est un élément relativement abondant sur Terre. Des minéraux contenant du Strontium, tels que la strontianite (carbonate de strontium) et la célestine (sulfate de strontiane), peuvent être trouvés à des concentrations différentes dans les gisements de gypse naturels. Le gypse naturel est utilisé dans la fabrication des constructions à murs secs.  Ainsi, une construction à mur sec contiendra souvent du strontium à des taux variables. 

Le strontium est habituellement utilisé dans les peintures et les enduits pour plusieurs raisons. Voici quelques exemples:

  • Le strontium remplace fréquemment le plomb en tant que siccatif.
  • Le strontium est utilisé dans les pigments jaunes, bleus, rouges et blancs. 
  • L’aluminate de strontium est utilisé dans les enduits, les papier peints et les autocollants phosphorescents. 
  • Le chromate de strontium, le borate de strontium et le métaborate de strontium sont aussi utilisés dans les additifs anticorrosions, les ignifuges, et les agents antimicrobiens dans les peintures et les enduits. Ainsi, il est concevable que les mesures de la SFX en strontium varient d’une pièce à une autre et même d’un mur à un autre à cause de variations dans les couches de peintures.

Faut-il attribuer la responsabilité au strontium?

L’Agence de Protection Environnementale (EPA), l’Université de Floride, et d’autres entités ont publié des rapports suggérant que le sulfure de strontium est potentiellement source de gaz de soufre corrosifs émanant des constructions à murs secs qui posent problème. Dans ce scenario, la difficulté provient du fait que les réactions chimiques ne fonctionnent pas bien lorsque l’on utilise du sulfure de strontium comme source de gaz toxiques et corrosifs. Le sulfure de strontium est un composé stable qui est insoluble dans l’eau. La création de gaz de sulfure d’hydrogène issu de sulfure de strontium requiert une réaction avec un acide. Parce que les constructions à murs secs maintiennent un pH de neutre à alcalin, il est difficile d’évaluer comment la réaction acide va se produire avec la seule présence d’humidité dans l’air.

De plus, les résultats des analyses de centaines de spécimens de murs secs posant problème accumulés par l’Institut du Design Extérieur démontrent que les murs secs posant problème sont typiquement dix fois plus alcalins que les murs secs ne posant pas problème.  Un pH alcalin a pour conséquence que la création de gaz de sulfure d’hydrogène à partir de sulfure de strontium est encore moins probable. Il existe d’autres données empiriques qui indiquent que le sulfate de strontium n’est pas la source des gaz corrosifs. Ces données additionnelles viennent du fait qu’un pourcentage connu des échantillons de murs secs ayant des taux élevés de strontium ne produisent pas de gaz corrosifs. Selon l’Institut de la Science de l’Enveloppe du Bâtiment (BESI), d’autres preuves existent provenant du nombre d’échantillons de murs secs ayant des taux bas de strontium qui ne produisent pas de gaz corrosifs.

Ce qui veut dire que le strontium n’est probablement pas présent dans le produit chimique qui produit les gaz corrosifs. Même si des niveaux élevés de strontium ont été trouvés dans une majorités de murs secs posant problème, de lui-même, le strontium ne peut pas être un indicateur à 100% concluant de problèmes de murs secs. Le strontium est plus probablement un marqueur dans la plupart des problèmes de murs secs. Aux prémices de l’identification des problèmes de murs secs, il existait une recherche en sulfure élémentaire car on croyait qu’il était la cause des gaz corrosifs. Depuis, et malgré le fait que le sulfure élémentaire soit présent dans de nombreux échantillons de murs secs posant problème, nous avons découvert qu’il n’est pas la cause des gaz. De fait, il a été établit que la présence de sulfure élémentaire  n’est pas un indicateur à 100% concluant de problèmes de murs secs. Il semblerait que la même réalité ne s’applique au strontium.

En résumé

La méthode SFX permet de faire une recherche de strontium, qui est:

  1. naturellement présent dans l’âme des murs secs;
  2. communément présent dans les peintures; et  
  3. n’est PAS la source prouvée de gaz corrosif.

Le fait d’utiliser la méthode SFX comme outil unique pour identifier formellement les murs secs posant problème n’a pas plus de sens que d’utiliser un équipement radiologique comme instrument unique pour diagnostiquer le cancer. Il n’y a pas de fondement scientifique ni basé sur l’expérience qui permette de confirmer son utilisation en tant que méthode unique. Il y a un fondement scientifique et issu de l’expérience qui soutient l’idée selon laquelle l’usage de la SFX est une méthode de dépistage très fiable dans l’identification des murs secs suspects ou problématiques.

Conclusion

Même si la méthode SFX est à la fois rapide et non destructrice, elle ne devrait qu’être utilisée de concert avec des protocoles d’analyses de murs secs problématiques complémentaires et une inspection visuelle professionnelle. Il est apparent que le bénéfice réel de la méthode SFX repose dans l’outil de dépistage qui est très efficace, hautement fiable et non destructif.

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Nick Gromicko est le fondateur de l’Association Internationale des Inspecteurs en Bâtiment Certifiés et le directeur général de l’Association Internationale des Conseillers en Air Intérieur Certifiés.

Dennis L. Rose est un chimiste industriel et le président de  D. L. Rose and Associates, LLC, à Ocala en Floride.
 
 
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